C'est avec stupeur que, deux jours avant le début officiel des congés de la fin d'année 2012, nous avons appris que l'un de nos collègues, enseignant-chercheur du laboratoire, était visé par une procédure de licenciement de la part de son employeur, tutelle de notre laboratoire.

Notre collègue était, et est encore provisoirement, employé sous un contrat de droit privé : un Contrat à Durée Indéterminée classique. Quels que soient les motifs de ce licenciement, je note que la procédure envisagée par l'employeur n'est pas celle de la faute lourde, procédure qui est habituellement choisie lorsque l'employé a commis une faute indiscutable mettant en péril la santé ou la sécurité d'autrui, personne physique ou morale telle que l'entreprise elle-même.

La procédure choisie est en effet celle dite "pour motif personnel". Et c'est là que commence la stupeur. La droit d'accueillir des doctorants, de délivrer le doctorat, en clair, de faire de la recherche, a été octroyé par un décret d'Août 2006 aux établissements privés, lesquels peuvent embaucher en CDI. La preuve est faite, ils peuvent également licencier, au mépris de l'indépendance du chercheur.

Quelles que soient les raisons, la faute lourde exceptée, qui aient pu y conduire, ce genre d'événement, dramatique pour son protagoniste principal, met à mal les valeurs même de ce métier qui mêle enseignement et recherche dans le but d'accroître et de transmettre les connaissances scientifiques.