En effet, après une brève présentation des notions qui disparaissent du programme de physique-chime au lycée, comme la notion de vecteur, et des nouvelles notions qui apparaissent, comme la dualité onde-corpuscule, les deux inspecteurs présents nous ont surtout expliqué le changement de philosophie dans l'enseignement de la physique-chimie.

Les programmes officiels sont assez clairs sur le sujet, pour quelqu'un qui a déjà l'information : l'objectif est de casser l'habitude prise par les étudiants d'apprendre par cœur des formules sans les comprendre. Le moyen est de ne plus leur demander d'appliquer des formules, mais au contraire de comprendre une situation réelle, un problème spécifique. Le corollaire est qu'il n'apprendrons plus les formules. Il est cependant permis d'espérer qu'ils n'en deviennent que plus intelligents, si l'on entend par là qu'ils seront mieux à même d'appréhender des problèmes en situation réelle.

Pour finir de poser les choses, précisons par exemple qu'un exercice type de bac ne sera plus jamais un problème à tiroir avec des questions précises et des données exclusivement posées là pour résoudre le problème. Les étudiants seront mis en situation réelle et feront face à une question relativement complexe, à laquelle ils pourront répondre à travers l'étude de documents fournis avec le sujet.

Il s'agit d'une pure et simple révolution pédagogique. Certains esprits chagrins diront que la suppression de la notion de vecteur en physique au lycée est une catastrophe. Et j'en fus. Mais si c'est à ce prix que l'on peut rendre les étudiants aptes à analyser des documents, et les sortir de la mécanique du bachotage, cela peut devenir très pertinent. Le plus surprenant, c'est que cette intervention de deux inspecteurs de l’Éducation Nationale ne fut pas sans me rappeler la conférence de Markus Brauer, mentionnée dans un billet précédent, et les propositions iconoclastes qui ont suivi.

Alors pourquoi changer la façon d'enseigner la Physique-Chime à l'Université, et, au delà, dans les autres disciplines ? Car les élèves du lycées ne sauront plus appliquer la démarche logico-déductive à laquelle nous sommes tous habitués : la théorie en cours magistral, puis les travaux dirigés et enfin, éventuellement, les Travaux Pratiques. Une autre raison est que les Classes Préparatoires, elles, se sont déjà adaptées, sous l'impulsion du ministère. Ne rien changer à nos cours de 2h, dont aucun étudiant ne peut suivre l'intégralité en restant attentif, nous conduira inévitablement à perdre le peu d'étudiants scientifiques qu'il nous reste.

Réfléchissons.