C'est avec mon cours d'Optique, en première année du Master de Physique de l'Université de Lorraine, sur le site de Metz, que j'ai pu profiter d'une petite promotion d'étudiants pour tenter l'expérience.

Un peu d'histoire, tout d'abord. J'ai préparé, il y a quelques années, un petit diaporama qui me permet de dérouler un cours magistral, que j'essaie de rendre le plus interactif possible. Ce diaporama est disponible en Archive Ouverte, en deux morceaux : le premiers sur les faisceaux gaussiens, et le deuxième sur la polarisation. Bien qu'ayant remanié le cours tous les ans en fonction des réactions estudiantines, force fut de constater qu'un certain nombre des notions fondamentales sont restées très difficiles d'accès.

Après avoir suivi quelques formations à la pédagogie universitaire, dont une relatée dans un précédent billet, j'ai décidé de tenter de changer la façon dont de je tentais de faire passer ces connaissances, ces compétences, aux étudiants. Profitant d'une petite promotion réduite à un seul groupe de Travaux Dirigés, j'ai décidé de réduire le Cours Magistral à son minimum, c'est à dire à rien.

Comment, dans ces conditions, permettre aux étudiants de s'approprier les compétences dont ils auront besoin pour réussir l'examen qui, lui, n'a pas changé ? En lisant, tout simplement.

Je leur ai donc donné des sujets de Travaux Dirigés, afin de définir l'objectif à atteindre : savoir résoudre les problèmes posés dans ces sujets. Dans cette démarche, ces sujets sont le moteur du tout. Leur importance est donc cruciale : le fait de pouvoir les résoudre doit témoigner d'une très bonne compréhension du cours. Ce sont donc a priori des problèmes difficiles.

Quant aux moyens utilisés pour atteindre cet objectif, je leur ai proposé que nous lisions, ensemble, les articles scientifiques qui m'avaient permis de préparer le cours. Il s'agit, pour la première partie des deux publications sur lesquelles mon cours était basé :

Pour la deuxième partie, j'ai utilisé l'excellent livre de Serge Huard sur la polarisation de la lumière, malheureusement épuisé.

C'est ainsi que le cours s'est déroulé le cours, entre lecture, aide à la lecture et résolution des exercices, le tout orchestré par les étudiants eux-même.

Maintenant que les examens sont terminés, je peux vous proposer un petit bilan de cette façon de faire. Le premier constat est indéniable : les étudiants ont mieux compris la physique que ce cours se proposait de leur présenter. Le deuxième est qu'ils préfèrent largement cette façon de faire : un petit sondage entre les deux parties du cours visant à savoir s'ils préféraient que je continue le cours sous la même forme est sans équivoque.

Il est donc fort probable que je reconduise l'expérience l'année prochaine. J'ai tout de même un petit regret : je n'ai pas réussi à faire travailler les étudiants en dehors des moments de cours. Ils n'ont pas lu en dehors de ma présence, à part, bien sûr, la veille de l'examen. Je cherche toujours des solutions à ce problème.