Dans un billet précédent, je notais que les indispensables exemples d'applications traditionnellement évoqués dans les cours de physique étaient souvent source d'ennui de la part du public estudiantin. C'est ainsi que les concepts censés être illustrés pour une meilleure compréhension peuvent demeurer obscurs. Je proposais alors la suppression de ces exemples en tant que problèmes pratiques résolus par l'enseignant et leur remplacement par des travaux en petits groupes, où les étudiants résoudraient ces problèmes et en exposeraient leur solution. Tous les détails sont dans le billet précédent.

La deuxième année de mise en pratique de cette approche pédagogique s'achève. Elle aura concerné les deux cours que j'ai assuré à Georgia Tech Lorraine pour un public situé à environ deux ans après le bac. Ces cours ont concernés les circuits électriques pour le premier et l'électromagnétisme pour le second. Le succès de la méthode est toujours au rendez-vous. Elle est plébiscitée par les étudiants en tant qu'outil pour leur permettre d'appréhender les concepts fondamentaux de la discipline. Cette information est apportée par l'évaluation des enseignements, obligatoire dans les université américaines.

Deux ans de pratique ont également permis de mieux appréhender les inconvénients de la méthode par rapport à l'approche transmissive dite classique. L'un d'entre eux est particulièrement clair et remarqué par les étudiants : la diminution de la "quantité de savoir'' que l'enseignant prétend faire ingurgiter à ses ouailles. J'ai tenté de quantifier cette diminution, que je chiffre à environ 10%. Les étudiants estiment que le rythme du cours est trop lent et souhaiteraient pouvoir aborder plus de notions.

Je ne sais pas encore comment répondre à ce souhait car mon impression première est que le rythme est imposé par les étudiants eux-même. Un rythme plus soutenu aurait donc tendance, à mon avis, à diminuer la qualité de l'apprentissage. Il se pourrait également que nous ayons ici affaire à un effet du deuxième ordre : comme les étudiants comprennent bien les notions abordées, ils ont l'impression qu'elles sont faciles. Cette impression de facilité liée à la méthode pédagogique employée peut induire le sentiment que l'on pourrait aisément augmenter la difficulté du cours et le rendre plus complet. Peut être.