Classe inversée ? La technologie au service de la pédagogie ! Un outil universel, au fonctionnement durable, à l'énergie solaire : un livre. C'est ainsi que, comme expliqué précédemment, j'ai proposé à mes étudiants d'appréhender les concepts de l'optique au niveau master en lisant quelques chapitres d'un livre, d'une part, et quelques publications scientifiques d'autre part. Je leur ai par ailleurs laissé la totale maîtrise du déroulement du cours, avec pour seul objectif l'examen à une date fixée.

Pour la première partie du cours, ils ont suivi la voie proposée, à savoir que les concepts issus du livre étaient mis en pratique à l'aide de problèmes que je leur proposais. Je me suis heurté au même écueil que l'année dernière : il fut très difficile, pour ne pas dire impossible à quelques exceptions près, de leur faire acquérir les concepts en dehors des heures prévues à l'emploi du temps. Nous avons donc eus quelques séances de lecture assistée, où ils m'ont questionné sur les passages difficiles.

Par la suite, ils ont préférer tenter la résolution des exercices qui leur étaient proposés pour pouvoir, avec mon aide, déterminer quelles étaient les parties essentielles du livre. La stratégie estudiantine est ici claire : maximiser l'efficacité de l'apprentissage par rapport à l'examen, étant entendu que les problèmes proposés couvraient l'ensemble des notions abordées à l'examen. Je cite ici un commentaire particulièrement savoureux que j'ai pu entendre de la part d'un étudiant : "votre approche pédagogique n'est pas adaptée aux étudiants qui ne travaillent pas". A noter qu'il s'agissait d'un des meilleurs étudiants.

Toujours libres d'organiser le cours comme ils l'entendaient, ils ont préféré, cette année, que la deuxième partie du cours se fasse de façon transmissive des plus classiques, avec, à la fin, des résultats tout à fait comparables.

Alors, échec de la classe inversée, ou mise en évidence des avantages et nécessités de la méthode pédagogique ? Pour que classe s'inverse, il faut quelque chose à inverser. Il faut que le temps de travail des étudiants hors de la salle de cours ne soit pas négligeable par comparaison au temps passé en classe. Voilà le Graal : faire travailler les étudiants en dehors de la présence de l'enseignant. Étant données les habitudes actuelles, ils se pourraient que les étudiants n'apprécient pas. Est-ce une raison pour abandonner la méthode ? Oui, si l'on laisse le choix aux étudiants de choisir la méthode pédagogique.

C'est à une conférence de Marcel Lebrun, organisée par mon université, que j'ai pu entrevoir la lumière. Loin de laisser le choix aux étudiants d'organiser la pédagogie à leur guise, il faut scénariser la classe inversée. Ce scénario doit être rigoureux et les évaluations des travaux estudiantins aussi sévères que justes. C'est à ce prix, toujours selon Marcel Lebrun, que la classe inversée révélera tout son potentiel. Pour l'année prochaine, peut être.