Voyons l'article complet :

Un comité de suivi individuel du doctorant veille au bon déroulement du cursus en s'appuyant sur la charte du doctorat et la convention de formation. Il évalue, dans un entretien avec le doctorant, les conditions de sa formation et les avancées de sa recherche. Il formule des recommandations et transmet un rapport de l'entretien au directeur de l'école doctorale, au doctorant et au directeur de thèse. Il veille notamment à prévenir toute forme de conflit, de discrimination ou de harcèlement. Les modalités de composition, d'organisation et de fonctionnement de ce comité sont fixées par le conseil de l'école doctorale. Les membres de ce comité ne participent pas à la direction du travail du doctorant.

Premier indice : le direction de la thèse ne doit pas participer au comité de suivi. Mais pourquoi donc ? Quel est l'esprit de cet arrêté ? Se pourrait-il que, dans certains cas rares et mal documentés aujourd'hui, l'harmonie parfaite ne soit pas de mise entre un ou une doctorant(e) et son directeur ou sa directrice, voire avec les multiples encadrants et directeurs de sont travail doctoral ? Peut-être alors, son comité de suivi individuel permettrait-il au doctorant, ou à la doctorante, d'exprimer ses doutes, voire ses craintes, vis à vis d'une relation éventuellement conflictuelle qu'il ou elle pourrait entretenir avec celui ou celle qu'il ou elle considère comme son supérieur.

Donc là, le texte a montré l'absence totale de discrimination arbitraire sur des critères sexuels, si ce n'est le fait de mettre systématiquement la version masculine de l'adjectif en premier. A partir de maintenant, nous prendrons ce fait comme acquis et reviendrons à la bonne vieille habitude de mettre uniquement le côté masculin de chaque terme, quémandant ainsi l'indulgence du lecteur.

Or donc, il se pourrait que naquit de manière inopportune quelque forme d'incompréhension entre le doctorant et son encadrement, laquelle, si elle dégénérait pourrait mettre en péril la sérénité doctorale. Dans un tel cas, certes pathologique et rarissime, le doctorant pourrait-il s'entretenir avec son comité individuel de suivi ? Que risquerait-il à la faire ? Mettrait-il son avenir en péril ? Certes non. Toutefois, une telle crainte pourrait potentiellement émerger si son comité de suivi partageait quelques menus intérêts avec sa direction de thèse. Premier enseignement : le comité de suivi individuel du doctorant doit être le plus indépendant possible de la direction de la thèse.

Indépendance, soit. La palette des choix reste cependant large pour la constitution de ce comité. Extérieur au laboratoire de fait, doit-il être composé d'enseignants-chercheurs de l'université ? Titulaires de l'Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) ? Spécialistes du domaines de recherche du doctorant ? Examinons encore une fois l'arrêté.

  • Le comité de suivi, comme son nom le suggère fortement, doit pouvoir suivre le doctorant. Un éloignement trop important engendrerait un coût de déplacement important et, de facto, un suivi plus léger. Un comité de suivi produit localement semble donc pertinent.
  • HDR ? Ce diplôme, le plus haut diplôme national, semble en effet requis pour suivre efficacement un doctorant. Toutefois, qu'un seul des membres du comité le possède, et l'expertise nécessaire sera présente.
  • Un comité de spécialistes ? Encore une fois, un comité de novices peut sembler peu pertinent. Toutefois, que l'un seul des membres soit du domaine de la thèse, et les compétences nécessaires seront là. En effet, l'arrêté montre bien que le comité de suivi individuel du doctorant n'est pas un comité de suivi scientifique, loin s'en faut.

Finissons ce billet avec la question qui fâche. Voilà une procédure administrative supplémentaire, qui va encore contribuer à nous éloigner de la science ! Au regard des lignes qui précèdent, l'on aura deviné le sentiment de l'auteur quant à l'utilité de ce comité. Comment rendre son fonctionnement léger et pertinent ? En laissant le doctorant le constituer lui-même, au cours de sa première année de thèse, en respectant un certain nombre de critères, comme ceux qui viennent d'être énoncés. Le doctorant constitue son comité et en organise les réunions, dont une obligatoire avant l'inscription en troisième année. Et le tour est joué.

Alors bienvenue au comité de suivi du doctorant !